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Quelle maison
!
Deux corps
d'habitation en L et indépendants, forment avec leurs
dépendances une cour de 300m² fermée sur 3 côtés et dont le
4ème pourrait s'orner d'un portail à double battant reposant
sur un mur en pierres.
Sur
l'arrière, le mur gouttereau, légèrement taluté, domine un
jardin de 800m². On notera la présence d'une fenêtre
renaissance à double accolade dont les croisillons de pierre
moulurés ont disparus quand la fenêtre a été bouchée (à
déboucher et refaire, il va sans dire).
Cette maison
porte en elle et sur elle tous les stigmates des périodes
effroyables qu'elle a pu subir depuis ses origines
(vraisemblablement construite au XIVème siècle)
jusqu'aujourd'hui.
Sans doute
élevée sur une ancienne villa franque ou gallo-romaine, la
tour de Martinvelle représente l'antique maison forte du
village qui se présentait sous la forme d'une maison
seigneuriale, sorte de manoir fait d'une tour carré possédant
plusieurs canonnières et renfermant des prisons civiles et
criminelles dont témoignent aujourd'hui encore les caves avec
leurs voûtes et leurs murs d'1 mètre cinquante d'épaisseur.
L'ensemble était entouré de murailles. Démolie,
reconstruite et restaurée dans sa version actuelle au XVIIIème
siècle, son passé s'ébauche lors d'une visite attentive et que
son futur propriétaire aura à coeur d'étudier avec patience.
En
rez-de-chaussée du corps principal, la grange avec sa porte en
plein cintre et une authentique écurie voisinent avec la
cuisine à l'âtre de 17m², arborant une monumentale cheminée en
pierre à manteau accompagnée de son cendrier, également en
pierre, surmonté d'un placard en chêne, tandis qu'en face,
sous la fenêtre, la pierre à eau domine un sol composé de
dalles de pierre en bon état. Seule l'eau courante sur l'évier
et l'électricité (à refaire entièrement) nous rappellent que
nous sommes au XXIème siècle.
Un buffet en
chêne incorporé dans le mur précède des boiseries de porte
communiquant avec une belle pièce de 27m², ouvrant par fenêtre
sur le jardin. Poutres chanfreinées et parquet à refaire
accompagnent ici le traditionnel placard chauffant en chêne à
2 corps et ses boiseries également en chêne. Voisine et en
angle de rez-de-chaussée, une autre belle pièce de 22m2
présente une très belle cheminée renaissance, aux lignes
pures, dont le conduit se perd dans l'épaisseur du mur et
communicant avec une autre pièce "à poêle" pourvue d'un
placard chauffant en chêne et plafonnée en poutres moulurées.
Las, le plancher est effondré et les boiseries murales n'ont
pu résister aux injures du temps.
De l'autre
côté de cette pièce et ouvrant sur le pignon et la cour, une
2ème cuisine à l'âtre s'affiche comme la presque réplique de
la 1ère : cheminée monumentale et cendrier, évier en pierre,
dalles de pierre au sol et poutres chanfreinées au plafond. Enfin,
accessible par la cour, une pièce de 27m², utilisée en écurie,
complète le rez-de-chaussée totalisant 220m².
A
l'étage, ce qui se confirme ici avec des
greniers de 220m² au sol, aménageables sur 1 à 2 niveaux. C'est là,
sous une belle charpente en chêne que l'on rencontre le plus
de témoignages du passé de notre maison forte : fenêtres
bouchées de différentes époques, murs de plusieurs épaisseurs,
latrine creusée dans le mur avec écoulement en pierre au
pignon... et conduits de cheminées en blocs de pierres de
taille.
Quant aux
caves, en accès extérieur, je vous laisse le soin de les
découvrir sur les photos ; il s'en dégage une atmosphère
complètement envoûtante, accrue par la présence d'une citerne
médiévale ou silo ou glacière, découverte par le propriétaire
à la recherche d'un éventuel trésor... et quand je vous aurai
dit qu'un souterrain permettait, selon la rumeur, de
s'échapper de la maison forte, vous deviendrez, comme moi, fou
de cette maison.
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